La Lycanthropie

  

  

 

 

Une vraie maladie : la lycanthropie


Pourtant, même s'il est vrai que les victimes de l'Europe médiévale ne se transformaient en rien en loup les soirs de pleine lune, elles souffraient du véritable mal du loup-garou : la lycanthropie.

Cette maladie mentale a été découverte au deuxième siècle après Jésus-Christ par un savant répondant au nom de Marcellus Sidetes. Du mot grec lukanthropos (homme loup), cette maladie étrange peut frapper n'importe qui, comme n'importe quelle autre maladie mentale (comme l'hémosexualité pour les vampires).

Le lycanthrope pense véritablement pouvoir devenir un loup, et quand le délire va trop loin, il agit comme tel : il déchiquette sa viande, prenant ses dents pour des crocs, pousse des hurlements canins (surtout en période de pleine lune), et va même jusqu'à attaquer n'importe qui, répondant alors à une pulsion sanguinaire incontrôlable.

Cependant, il n'existait aucun remède contre la rage, à l'époque une morsure d'animal ayant la rage (bave aux dents, agressivité notoire) contaminait la personne. Pas étonnant donc de voir des écumes de bave sur les lèvres d'une victime de bête enragée, chose qui était automatiquement interprété comme une transformation en loup-garou.

De plus, des personnes souffrant d'impétigo ou d'hyperpilosité, étaient souvent assimilées à des loups-garous et jugées sommairement avant de passer au bûcher.

Ainsi en France, entre 1520 et 1630, pas loin de trente mille "loups-garous" furent jugés et exécutés.

Non contente de ne rien faire pour aider les lycanthropes, la justice enfonçait même le clou plus loin en autorisant les bûchers, les justifiant même par des prises de parti pseudo-religieuses.

 

 

 

 La Lycanthropie

 

 

 

   Comment reconnaître qu'un loup est un loup-garou?

La subtilité de la métamorphose interdit de reconnaître a priori la vrai nature du loup-garou. Mais comme le signale le Satyricon, toute blessure infligée à l'animal paraît sur le corps du lycanthrope. En 1603, Bodin raconte qu'en Auvergne un homme attaqué par un loup parvint à trancher une des pattes avant. Quelle ne fut pas sa surprise de découvrir au fond de sa gibecière non plus une patte mais une main de femme que son hôte reconnut comme étant celle de son épouse.

  Méfiez-vous de l'homme aux sourcils barrant le front. A ce signe, vous reconnaîtrez un garou.

Excommuniés, et vous, qui n'avez pas fait vos pâques, garez-vous du loup et écoutez l'histoire vrai de Peter Stumb qui sous cette forme tua et dévora 13 enfants. Le tribunal de Cologne le condamna en 1591 au supplice des tenailles et de la roue, à la décapitation et au bûcher. Rien que ça!! En cette fin de XVIe siècle, le cas n'est pas exceptionnel. Gilles Garnier fut brûlé à Dole pour avoir signé un pacte avec le diable, lequel promit et lui donna pouvoir de se changer en animal. Il se livra alors aux crimes accoutumés des loups-garous et fut condamné pour avoir mangé la chair d'un jeune garçon nonobstant le jeûne du vendredi. Hommes et femmes, en France, en Allemagne, en Suisse, de la fin du XVIe siècle au début du XVIIe, se sentent emportés par la malédiction. Les bûchers flambent.

   Envoûtement, hallucination, mascarade...

Qui sont les lycanthropes? Esprits malins travestis en loup, incarnation de Satan qui dévore les corps et s'approprie les âmes, êtres maudits, malades? Dans l'Antiquité, Pausanias raconte l'histoire de ce roi d'Arcadie, Lycaon, qui, pour avoir offert en sacrifice un enfant nouveau-né et souillé de ce sang innocent l'autel de Jupiter, fut aussitôt changé en loup. La malédiction pesa sur lui 10 ans. Au XVIIIe siècle, les médecins clamèrent que la lycanthropie était une maladie, une atteinte mentale, "folie louvière" ou "imitative", hallucination que la faim et les fantasmes entretiennent. Mais la Renaissance avait vendu ses peurs aux sorciers. Dans un climat de traque des sorciers, de procès, de crainte du diable et de ses armées de démons, la magie est partout. Ceux qui ont vendu leur âme au diable essaient. Ils veulent connaître les amours infernales. La louve représentait la luxure et le désir sexuel; alors pour se rendre au Sabbat, les sorciers chevauchaient un loup. Les sorcières enfilaient des jarretières en peau de louve. On devenait loup-garou au risque de tomber sous la balle en argent d'un chasseur (la seule arme qui puisse les blesser sous leur forme animale) ou dans les griffes des chambres de torture des Inquisiteurs. L'activité du loup-garou se manifeste par les nuits de pleine lune.

Au XVIe siècle le peintre Cranach, témoin de son temps, a peut-être apporté dans cette gravure une autre explication à l'apparition de tant de loups dévorants, et autres loups-garous, durant les périodes de troubles. La misère, la famine et la folie ont été les prétextes à bien des égarements dont l'anthropophagisme n'est pas exclu.

 

 

 

1 vote. Moyenne 3.50 sur 5.

Commentaires (1)

gloups
  • 1. gloups | 18/05/2012
ca existe vraiment cette maladie

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

×