Les Montreurs de Loups

Les Montreurs de Loups

     Avant l'instauration de primes pouvant être perçues par tous, la destruction de loups ou de portées donnait droit à " la quête du loup", pratique qui prit un fort caractère de mendicité dès que la rémunération devint systématique, sous Louis XVI. Mais dans le Monténégro, en Yougoslavie, elle eut une autre valeur: en période de carnaval, des groupes d'hommes, les " vukari " faisaient la tournée des villages avec une peau de loup, chantant et attendant des présents. En France, à Loupian, l'effigie d'un loup gigantesque est encore promenée dans les rues pour recueillir des dons, à l'occasion des fêtes locales.

Partout en Europe, le loup est chassé; on le craint, on le tue. Mais quelle joie de voir la dépouille du fauve vaincu! Les chasseurs la promènent de village en village, racontant leurs exploits avec force gestes et cris. La lutte acharnée de l'homme contre la " bête sanguinaire". Ils reçoivent de chacun des oeufs, un poulet, quelques pièces...En 1439, le loup qui fit trembler les Parisiens, Courtaut, " fut mis en une brouette, la gueule ouverte, et mené parmi Paris". En 1935, à Berlin, la foule se presse. La photo ci-dessous nous montre un loup timide et apeuré, le loup au collier de fer se tapit sur ses jarrets: oreilles baissées, il raidit son corps sous ces mains qui l'effleurent; la queue entre les pattes, il baisse le nez, noyé par l'odeur de l'homme. Les cris des enfants simulant la frayeur, la senteur fade des nourrissons que les femmes serrent contre elles, le rire gras et trop fort des hommes fier de le voir enchaîné; partout où passe la petite caravane la scène est rejouée. Dans un instant, le montreur demandera à la foule assemblée quelques piécettes. C'est la coutume.

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